Vous partez sous les tropiques ou en montagne ? Pensez à l’indice UV. Certaines régions affichent des niveaux de rayonnement très élevés, parfois bien plus que ce qu’on imagine. Le record mondial d’indice UV est de 43,3, mesuré dans les Andes boliviennes.
Dans cet article, découvrez quels pays détiennent ces records et pourquoi certaines zones sont particulièrement dangereuses pour la peau.
La Bolivie, détentrice du record mondial d’indice UV
Un indice UV de 43,3 mesuré dans les Andes boliviennes
Le 29 décembre 2003, des chercheurs ont mesuré un indice UV de 43,3 près du volcan Licancabur, à 5917 mètres d’altitude, et à la Laguna Blanca, à 4340 mètres. Cette valeur, relevée par des dosimètres pendant une étude scientifique, est la plus élevée jamais enregistrée sur Terre.
Pour comprendre l’ampleur, en été, les plages américaines plafonnent généralement à 8 ou 9. À 43,3. Le rayonnement devient dangereux, au point que Nathalie Cabrol, du SETI, déconseille de rester à l’extérieur avec un tel niveau d’UV.
Pourquoi un tel niveau d’UV dans cette région ?
Plusieurs raisons expliquent ce record alarmant dans les Andes boliviennes :
- L’altitude extrême : à chaque 1 000 mètres, l’exposition aux UV augmente de 10 à 12 %. À près de 6 000 mètres, l’air filtre beaucoup moins les rayons.
- Une couche d’ozone naturellement plus fine dans cette région, surtout au-dessus du désert d’Atacama.
- Des conditions exceptionnelles ce jour-là : une éruption solaire récente, deux tempêtes et des incendies ont ajouté des particules dans l’atmosphère, perturbant l’ozone.
- La proximité de l’équateur, où le Soleil est presque au zénith et traverse une couche d’air plus courte.
Les études récentes montrent que la couche d’ozone devient de plus en plus instable, ce qui pourrait rendre ces pics UV plus fréquents avec le changement climatique.
Les autres pays aux indices UV extrêmes

La Bolivie n’est pas la seule zone à risque. Plusieurs destinations affichent régulièrement des indices UV supérieurs à 10, ce qui est considéré comme extrême.
- Australie (Queensland) : l’un des endroits les plus exposés au monde. Avec des trous dans la couche d’ozone au-dessus de l’hémisphère sud, un coup de soleil peut arriver en moins de 15 minutes, même en décembre.
- Polynésie française : 12 à 14 en journée, d’octobre à mars. L’eau turquoise et le sable blanc renforcent l’effet.
- Hawaï : niveaux similaires, avec un ciel souvent dégagé et une latitude tropicale.
- Seychelles et Maldives : rayonnement élevé toute l’année, avec des pics de janvier à avril.
- Cap-Vert (sud de l’archipel) et Canaries (Fuerteventura, Lanzarote) : indices élevés d’avril à septembre.
En Amérique latine, certaines zones côtières ou montagneuses dépassent aussi souvent l’indice 10, comme le Cotopaxi en Équateur, San Andrés en Colombie ou Koh Samui en Thaïlande.
Quels facteurs expliquent des UV aussi élevés ?
Comprendre pourquoi certains endroits sont plus dangereux vous aidera à mieux anticiper les risques lors de vos voyages. Quatre éléments principaux entrent en jeu :
Près de l’équateur, le Soleil passe presque à la verticale. Les rayons traversent alors une couche d’air très fine, ce qui augmente fortement l’exposition aux UV. C’est pourquoi les zones intertropicales affichent naturellement des indices souvent supérieurs à 10.
L’altitude joue un rôle considérable. Plus vous montez, moins l’atmosphère est épaisse pour vous protéger. Le Mont Kenya, les volcans équatoriens et bien sûr les Andes boliviennes cumulent altitude et position équatoriale, créant un cocktail particulièrement dangereux.
Quand la couche d’ozone s’amincit, elle protège moins bien la Terre. Ainsi, davantage de rayons UV-B, les plus dangereux, atteignent le sol. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les trous persistants dans l’ozone réduisent cette protection naturelle de 10 à 20 %, augmentant fortement l’exposition aux UV.
Enfin, la réverbération amplifie l’exposition : l’eau réfléchit jusqu’à 50% des UV, tout comme le sable blanc et la neige. Attention également aux nuages qui laissent passer 80% des rayons tout en donnant une fausse impression de protection.
Comment se protéger efficacement dans ces zones à risque ?

Si vous voyagez dans ces régions, la vigilance est indispensable. Voici l’essentiel à retenir, sans détour :
Surveillez l’indice UV chaque jour (applis OMS ou NASA). Dès qu’il dépasse 3, appliquez une crème SPF50+, à renouveler toutes les deux heures, même si vous transpirez.
Couvrez-vous efficacement : vêtements anti-UV UPF50+, rashguard pour la mer, chapeau à large bord et lunettes UV400. Ce n’est pas optionnel.
Évitez le soleil entre 10h et 16h, surtout quand l’indice dépasse 10. Privilégiez le matin tôt et la fin d’après-midi.
Redoublez de protection sous les tropiques ou en altitude : plus de crème, plus d’eau, et une attention particulière pour les yeux et la peau.
Mieux vaut rentrer avec une peau intacte qu’avec des brûlures en souvenir. Le soleil fait du bien, mais il ne pardonne pas.
